Quand on est plombier à son compte, chaque euro compte. Entre l’achat de matériel, le carburant et les charges, on cherche forcément à limiter les dépenses qui ne rapportent pas tout de suite. Un peu comme quand on prépare un mariage avec un petit budget : on traque les bons plans et on se demande ce qui est vraiment obligatoire. (D’ailleurs, si vous êtes en plein dedans, jetez un œil à ces conseils pour un mariage à petit budget.) Mais revenons à nos tuyaux : la formation continue, obligation ou simple recommandation ? Beaucoup de plombiers pensent qu’une fois leur diplôme en poche, ils peuvent bosser tranquilles jusqu’à la retraite. La réalité est un peu plus nuancée.
Alors, est-ce que la loi vous impose de retourner sur les bancs de l’école tous les ans ? La réponse est non. Il n’existe pas d’obligation générale de formation continue pour les plombiers, contrairement à ce qui se pratique chez les médecins ou les avocats. Bpifrance Création, le service public qui liste les règles pour les artisans, le dit clairement : en principe, rien n’est imposé en termes de formation continue, mais c’est « fortement recommandé, voire nécessaire » pour rester à jour. En clair, vous ne risquez pas de perdre votre droit d’exercer si vous ne faites pas de stage chaque année. Mais attention, ça ne veut pas dire que vous pouvez tout ignorer.
La grande différence entre l’artisan seul et le patron employeur
Il faut déjà distinguer deux cas : celui de l’artisan qui travaille seul et celui de l’employeur qui a des salariés. Si vous êtes plombier indépendant, sans employé, vous êtes libre. Le fameux Stage de Préparation à l’Installation, qu’on appelait le SPI, n’est même plus obligatoire depuis la loi PACTE de 2019. Vous pouvez créer votre entreprise sans avoir à justifier d’une formation préalable spécifique. Par contre, dès que vous embauchez un salarié, c’est une autre histoire. Le Code du travail vous colle une obligation de sécurité. Vous devez former vos gars à tous les risques qu’ils vont rencontrer sur le terrain. Et ça, c’est non négociable.
Ce que le Code du travail exige pour vos salariés
La CAPEB, l’organisation patronale des artisans du bâtiment, liste les formations obligatoires pour les salariés du BTP. Le principe est simple : c’est le risque qui commande la formation. Si votre apprenti ou votre ouvrier touche à l’amiante, vous devez lui payer une formation amiante avec un recyclage tous les trois ans (articles R4412-87 et suivants du Code du travail). S’il approche une installation électrique, il lui faut une habilitation électrique. Travail en hauteur ? Formation échafaudage. Sauveteur Secouriste du Travail ? Recommandé mais parfois imposé selon la taille de l’entreprise. Et la liste continue : engins de chantier, fluides frigorigènes, proximité des réseaux (AIPR). Bref, en tant que patron, votre responsabilité est lourde et ces formations ne sont pas facultatives.
Certifications spécifiques : quand la formation redevient obligatoire
Et puis il y a les certifications liées à certaines activités. Pour toucher au gaz, un plombier doit obligatoirement décrocher la certification « Professionnel du Gaz ». Sans elle, vous ne pouvez pas installer une chaudière ou une plaque de cuisson gaz chez un client. Le renouvellement de cette certification existe, mais les sources officielles ne donnent pas une périodicité unique et claire. Souvent, c’est l’organisme certificateur qui fixe les règles. Un autre exemple qui parle à beaucoup : la certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Elle n’est pas obligatoire pour faire de la plomberie, mais si vous voulez poser une pompe à chaleur ou des panneaux solaires et que vos clients veulent profiter des aides de l’État, vous devez l’avoir. Cette certification se périme au bout de 4 ans. Pour la renouveler, il faut justifier de formations continues, présenter des chantiers de référence et passer un audit. Le coût ? Entre 300 et 800 euros, selon l’organisme.
On entend souvent des idées reçues. Par exemple, « un artisan n’a aucune obligation de formation ». C’est faux dès qu’il emploie du monde, on l’a vu. Ou encore « la formation continue plombier, c’est comme pour les médecins, c’est la loi ». Archi-faux. La formation continue dans le bâtiment n’est pas régie par une obligation professionnelle globale. Elle est poussée par le marché, la réglementation sur la sécurité et les évolutions techniques. D’ailleurs, les normes changent vite : le raccordement des chauffe-eau thermodynamiques, les nouvelles normes d’évacuation, la RT en construction… Si vous ne mettez pas le nez dans une formation de temps en temps, vous risquez de vous planter sur un chantier et de perdre en crédibilité. Beaucoup d’artisans le ressentent : rester compétitif, c’est aussi continuer à apprendre, même si ce n’est pas gravé dans la loi.
En pratique, la formation continue reste un investissement. Pas une obligation légale pour tous, mais une quasi-obligation économique et sécuritaire. Pour un salarié du bâtiment, le Code du travail encadre strictement les formations à la sécurité. Pour l’indépendant, la liberté est grande, mais il ne peut pas faire l’impasse sur les certifications gaz, éventuellement RGE, et sur la veille technique s’il veut proposer des prestations modernes. Le CPF peut financer une partie de ces formations, même si le montant varie.
Alors, la prochaine fois qu’un commercial vous appelle pour vous vendre une formation « obligatoire », prenez le temps de vérifier. Regardez si c’est vraiment lié à une activité que vous exercez ou à un risque que vos salariés courent. Si vous travaillez seul et que vous ne faites ni gaz, ni électricité, ni ne manipulez de fluides particuliers, la loi vous laisse tranquille. Mais ne sous-estimez pas l’intérêt de savoir ce qui change dans le métier. Un robinet thermostatique connecté ou une nouvelle norme d’accessibilité, ça ne s’improvise pas sur le tas. Et vos clients, eux, attendent que vous maîtrisiez votre boulot du premier coup.
En somme, les plombiers ne sont pas tenus à une formation continue obligatoire, au sens d’un quota d’heures à remplir chaque année. Mais dans les faits, pour travailler en sécurité, décrocher certains marchés et rester à la page, un plombier sérieux continue à se former, que ce soit par obligation légale indirecte ou par bon sens professionnel.




